Introduction
Avec la loi n° 149 de 2016, le législateur italien a délégué au gouvernement la pleine mise en œuvre de la Convention relative à l’entraide judiciaire en matière pénale entre les États membres de l’Union européenne, signée à Bruxelles le 29 mai 2000. L’Italie, avec la Croatie, l’Irlande et la Grèce, faisait partie des derniers pays à mettre en œuvre cette Convention. L’objectif principal de cette délégation était de renforcer la coopération judiciaire de l’Italie en Europe face à des phénomènes criminels de plus en plus internationaux.
La Réglementation des Transferts de Procédures
Article 4 de la Loi 149/2016
L’article 4 de la loi 149/2016 est crucial pour comprendre la réglementation des transferts de procédures pénales. Conformément à l’article 76 de la Constitution italienne, le législateur a délégué au gouvernement la promulgation du décret législatif 149/2017, qui introduit le nouveau titre IV bis du Code de procédure pénale. L’objectif principal était de garantir le respect du principe de ne bis in idem, en évitant la multiplication des procédures parallèles dans plusieurs États.
Le Nouveau Titre IV Bis du Code de Procédure Pénale : Transfert des Procédures
Article 746 bis c.p.p. (Dispositions Générales)
L’article 746 bis c.p.p. établit que cette réglementation s’applique au transfert des procédures pénales dans l’UE, sauf disposition contraire des conventions internationales individuelles. Le transfert peut avoir lieu :
- En faveur de l’Italie (transfert passif).
- En faveur de l’autorité judiciaire d’un autre État (transfert actif), selon les critères suivants :
- Le transfert ou l’acceptation doit avoir lieu avant l’exercice de l’action pénale (art. 746, par. 2).
- La compétence territoriale est déterminée par divers facteurs, tels que le lieu de l’action ou de l’omission, les conséquences préjudiciables, le nombre de victimes, les témoins, les sources de preuve, et l’impossibilité d’extradition.
Article 746 ter c.p.p. (Acceptation de Procédures Pénales Étrangères)
Cet article réglemente le transfert passif. Le Ministre de la Justice, après avoir reçu une demande d’un État étranger, transmet celle-ci au Bureau du Procureur auprès du juge compétent. Cette transmission équivaut à une demande du Ministre pour procéder conformément aux articles 8, 9, 10 et 11 c.p.
Les conventions internationales peuvent prévoir une communication directe entre les autorités judiciaires. Dans ce cas, le procureur italien, après avoir reçu la demande de son homologue étranger, informe immédiatement le Ministre de la Justice de la mesure prise.
Notification à la Partie Civile
La partie civile (PC) est informée du transfert de la procédure en Italie, avec avis de déposer une plainte, si nécessaire. Les délais pour déposer une plainte, conformément à l’article 124 c.p., commencent à courir à compter de la notification de l’avis. Cependant, une plainte déposée à l’étranger reste valable dans le système juridique italien.
Mesures Cautélaires
Le juge italien doit confirmer les mesures de précaution éventuellement appliquées à l’étranger conformément à l’article 27 c.p.p., en évaluant leur conformité avec les principes du système juridique italien.
Garanties pour le Suspect
Les preuves recueillies à l’étranger conservent leur validité en Italie, à condition qu’elles ne soient pas contraires aux principes fondamentaux du système juridique italien. La durée de la détention préventive subie à l’étranger est prise en compte conformément aux articles 303, par. 4, 304, et 657, par. 2 c.p.p.
Article 746 quater c.p.p. (Transfert de Procédures Pénales à l’Étranger)
Cet article réglemente le transfert actif, en tenant compte du principe constitutionnel de l’obligation d’exercer l’action pénale (art. 112 de la Constitution). Le transfert actif a lieu lorsque l’Italie renonce à l’exercice de l’action pénale.
Normes Internationales et Relations entre Autorités
Si les normes internationales prévoient une communication directe entre les autorités judiciaires, l’autorité italienne communiquera sa décision sur le transfert dans un délai de 30 jours. Si les normes prévoient une relation entre autorités centrales, l’autorité judiciaire italienne transmet une demande motivée au Ministère de la Justice, qui a 30 jours pour décider.
Compétences du Ministre de la Justice
Le Ministre de la Justice peut :
- Ordonner le transfert de la procédure.
- Interdire l’exécution du transfert pour des motifs politiques ou en cas de non-respect des principes fondamentaux du système juridique.
Conséquences du Transfert
Suite au transfert, le juge italien émettra une ordonnance de non-lieu pour défaut de compétence (art. 20 c.p.). Si l’État étranger n’exerce pas l’action pénale dans les délais convenus, le procureur peut demander la réouverture de l’enquête (art. 414 c.p.p.).
Conclusion
La loi 149/2016 et le décret législatif 149/2017 représentent une étape importante pour renforcer la coopération judiciaire entre l’Italie et les autres États membres de l’UE. L’introduction du Titre IV bis dans le Code de procédure pénale vise à prévenir la duplication des procédures et à garantir une justice plus efficace et équitable.

